Costa Rica ✩ Notre aventure sans frigo, sans eau courante, sans 3G, sans…

Pas de robinet, ni d’électricité ou encore d’Internet. Une panne ? Non, un choix. Celui de débuter nos vacances au Costa Rica off-grid, sur une île préservée de la côte Caraïbe.

Retour aux sources. Pendant quatre jours et trois nuits, à la Casa de Coco, nous nous sommes extraits du monde moderne pour mieux nous reconnecter à l’essentiel. Ici, pas de réveil. Pas besoin. Sur cette langue de terre caribéenne, le chant des oiseaux et le cris des singes s’unissent pour nous sortir des bras de Morphée. On ouvre l’oeil sans effort, dès les premières lueurs de l’aube. On dort si bien, bercés par la mélopée de la jungle.

Rituels caribéens

Au saut du lit, dans notre cabane sur pilotis, on prend le temps d’écouter la nature qui s’éveille. Le ciel s’éclaire doucement, révèle l’horizon. Quelques étirements puis on se dirige à pas feutrés (les chiens dorment encore) vers la plage de sable noir, pour ramasser le petit bois. Car sans feu, pas de café, ni de repas ou d’eau chaude pour la toilette. Ensuite, on se rend au puits pour remplir, seau après seau, le tonneau d’eau potable, celui pour la vaisselle, pour l’urinoir, pour la « douche ». Une grosse commission ? Pas de tabou… Direction Rosa, la cabane au fond du jardin : un trône posé au-dessus d’un trou où s’affaire une flopée de vers affamés. Un peu de cendre, et on fait comme si de rien n’était (ou des cauchemars, c’est selon). On nourrit les poussins, on évite d’écraser les chiots qui se chamaillent à nos pieds puis on s’attable pour le petit déjeuner, préparé par notre hôte Gaby : le traditionnel Gallo pinto, un mélange de riz et de haricots noirs, accompagné d’oeuf ou de lard. Ensuite, on aide encore, comme on peut. L’après-midi est libre : détente dans le hamac, ou « excursions » avec Gaby, pour prendre le pouls de la vie insulaire. 

Gaby, nouveau Robinson 

Braconnier repenti, Gaby vit toute l’année dans ce lieu préservé du Costa Rica. Il l’a choisi pour sa quiétude. Ici, pas de voiture, de raffut ou mauvaises rencontres. Pour se nourrir, il s’appuie sur quelques basiques (riz, haricots…) ramenés ponctuellement du village le plus proche (Batan) et pêche des crevettes, des crabes, des poissons dans la rivière. Il nous apprend aussi ses techniques, à nous, touristes en mal de naturalité. Il élève des volailles (comme ce coq passé à la casserole durant notre séjour), grimpe aux arbres, décroche les cocos pour faire son lait et son huile, se sert dans son jardin aromatique. Puis parfois, il va regarder la télé chez le voisin d’en face, équipé de panneaux photovoltaïques. La modernité n’a pas encore franchi le chemin de terre.

Le projet de Sherri

Six mois dans l’année, Gaby partage sa vie et sa cabane avec sa Sherri, une Américaine du Minnesota tombée amoureuse du lieu et de son Robinson il y a dix ans, alors qu’elle oeuvrait à la préservation des tortues sur cette même île. Elle en a fait son leitmotiv, et partage désormais son expérience avec des Occidentaux en quête d’authenticité, prêts à renoncer au confort moderne pour l’aider dans sa mission. S’installer ici pour de bon, elle y pense sérieusement. Gaby, lui, aimerait bien travailler quelque temps aux Etats-Unis. Les touristes et leurs liasses de Colones lui font un peu briller les yeux. Mais l’Eldorado est ailleurs. Ici. Et Sherri ne veut pas qu’il perde son âme. Faire tourner l’économie locale, offrir des opportunités à la poignée d’habitants de son île pour avorter la tentation du braconnage, voilà l’ambition de Sherri. Et d’évoquer avec inquiétude le projet d’installation d’un réseau électrique sur cette bande de terre costaricienne. Le domaine de la Casa de Coco va certainement prendre de la valeur, selon Gaby. Mais à quel prix ?

Christelle Vogel

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Comment se rendre à la Casa de Coco ?

1) Contacter Sherri via Air B’n’B (ou via son adresse mail – pour éviter les taxes -, sur sa page facebook)
2) De San Jose, prendre un bus public au Terminal del Caribe jusqu’au village de Batan (3 h de trajet environ)
3) A Batan, prendre le taxi réservé par Sherri ou le bus public en demandant l’arrêt au Café Friman, au bord de la rivière (30 min de trajet environ)
4) Prendre la pagode réservée par Sherri pour se rendre à la Casa de Coco (environ 45 min de trajet)

Aperçu des quelques jours passés à la Casa de Coco en compagnie de Gaby et Sherri. Récit complet de notre aventure : http://wp.me/p1fHYa-9Gm

Publiée par Cookismo sur jeudi 10 mai 2018

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