Kuala Lumpur : les goûts de la Malaisie

Moins connue que sa voisine thaïlandaise, la cuisine malaisienne possède pourtant une identité tout aussi forte. Entre influence coloniale et melting-pot asiatique, portrait d’une gastronomie qui se conjugue au pluriel.

Kuala Lumpur et son Big Kitchen Festival

Chaleur tropicale, végétation luxuriante sur fond de projets immobiliers à se coincer les cervicales. Salamat Datang, bienvenue à Kuala Lumpur (KL), capitale de la Malaisie. Au sud de la Thaïlande, à mi-chemin des rives indiennes et chinoises, l’ancienne colonie britannique a pris le train de la modernité : elle est aujourd’hui classée dans le top 15 des pays les plus compétitifs au monde. À Kuala Lumpur, les tours tutoient le ciel, les entrepreneurs viennent y décrocher la lune tandis que les restaurateurs visent les étoiles. Mais l’essentiel, pour le voyageur en quête d’authenticité, se trouve plus bas, sur la terre ferme.

Vue sur Kuala Lumpur (Malaisie)

Vue de la tour Menara ou tour KL © Christelle Vogel / Cookismo.fr

Métissage culturel
Car tout n’est pas que luxe et démesure à KL. L’ampleur de sa richesse ne tient pas qu’au nombre de ringgits malais investis dans la pierre. Et il suffit d’arpenter la ville pour en prendre la mesure. Little India, Chinatown, Kampung Baru… Toutes les civilisations asiatiques cohabitent dans les différents quartiers de la capitale malaisienne. Dans la rue comme dans l’assiette, le métissage culturel constitue la pierre angulaire de ce royaume multi-ethnique d’1,8 million d’habitants.

Le quarter de Brickfields © Christelle Vogel / Cookismo.fr

Le quartier indien de Brickfields à KL © Christelle Vogel / Cookismo.fr

Au coeur de l’Asie
Cette incroyable diversité culturelle, la Malaisie l’a héritée de sa position géographique. Stratégiquement situé sur la route maritime reliant la Chine à l’Inde et au Moyen-Orient, le royaume malais a longtemps été la plaque tournante du commerce dans l’océan indien. Portugais, Néerlandais puis Britanniques se sont disputés le contrôle du détroit de Malacca. Au sud de la Malaisie, ce bras de mer était un passage obligé pour les navires marchands chinois et arabes. [clic ICI pour agrandir la carte]

Où se trouve la Malaisie ?

Le détroit de Malacca, passage obligé de la Chine vers le Moyen-Orient

Big Kitchen Festival
Ces allers et venues, des siècles durant, ont naturellement influencé la culture et la gastronomie malaisienne. Aujourd’hui, le royaume offre au food-trotter une palette de saveurs à lui en faire tourner la tête. Épices à satay malais, riz sauté indonésien, nouilles chinoises, currys indiens, dessert et thé anglais… La table malaisienne est un buffet dont on ne peut se lasser. Toutes ses spécialités, Kuala Lumpur les a concentrées dans un lieu unique : le Big Kitchen Festival, dont la première édition qui s’est tenue fin mai 2015 en appelle d’autres.

L'esplanade de l'indépendance à KL © Christelle Vogel / Cookismo.fr

L’esplanade de l’indépendance à KL © Christelle Vogel / Cookismo.fr

Une cuisine aux multiples visages
C’est sur l’esplanade de l’indépendance (Dataran Medeka), là où l’Union Jack flottait jusqu’au 31 août 1957, que le Big Kitchen Festival a dressé pour la première fois le couvert en 2015. Au menu : trois jours de démonstrations culinaires, 20 chefs internationaux – dont le Masterchef Cyril Rouquet – et plus de 100 plats signature pour prendre le pouls de la cuisine malaisienne, sous la houlette du chef malais Norman Musa.

Les chefs réunis au Big Kitchen Festival de Kuala Lumpur

Les chefs du Big Kitchen Festival © Christelle Vogel / Cookismo.fr

Au coeur du « village » du Big Kitchen Festival, on goûte la cuisine nyonya ou peranakan du sud du royaume – savante combinaison de saveurs malaises, chinoises, indonésiennes et indiennes – et on savoure le meilleur des 13 régions malaisiennes. Boeuf rendang, Tauhu Bakar, Otak-Otak… Ça fleure bon la découverte culinaire.

Le Big Kitchen Festival 2015 en images
[clic sur une vignette pour afficher le diaporama]

Au royaume du ventre plein
En Malaisie, les repas sont très souvent pris dans la rue, sous l’auvent des marchants de street food, ou bien à ciel ouvert. On déguste sur le pouce les incontournables satay (brochettes) de poulet ou de bœuf, grillées au charbon de bois et accompagnées de sauce cacahuète, le boeuf rendang, les beignets de crevettes, le riz (« nassi ») frit ou en papillotes, des currys super pimentés, du poisson grillé ou vapeur… Les effluves titillent les narines et ouvrent l’appétit. Et lorsqu’il quitte la rue pour recevoir chez lui, le Malais ne fait pas les choses à moitié. Sa devise : mieux vaut proposer beaucoup trop que pas assez. Avoir encore faim en quittant la table ? Inenvisageable. Pire, ce serait un désavœu pour l’hôte… Et pourtant, en quittant Kuala Lumpur, le ventre et la tête bien remplis, on ne se sent pas rassasié. On s’inviterait bien à nouveau, à la table de la Malaisie.

Un grand merci à la Malaysia Airlines, à l’office du tourisme de Kuala Lumpur ainsi qu’à l’hôtel Majestic de KL pour m’avoir permis de vivre cette expérience culturelle et sensorielle hors du commun.

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